[[{« value »: »
L’industrie automobile canadienne a manifesté un sentiment général de soulagement lorsque le gouvernement fédéral a annoncé vendredi qu’il suspendait ses obligations relatives aux véhicules électriques pour 2026 et lançait une période de réexamen de 60 jours.
Ces obligations auraient contraint tous les constructeurs à vendre au moins 20 % de véhicules zéro émission (VZE) par rapport à leurs ventes totales dès le début de l’année 2026, sous peine de sanctions financières. La communauté automobile faisait pression depuis un certain temps contre ces exigences, estimant que la cible était trop ambitieuse et irréalisable. La situation s’est encore aggravée avec les tarifs douaniers imposés par les États-Unis.
« Notre secteur automobile subit une pression extrême en raison du changement radical de la politique américaine », a déclaré vendredi le premier ministre canadien Mark Carney lors d’une conférence de presse à Mississauga, en Ontario. « Nous reconnaissons qu’ils ont déjà assez à faire en ce moment, alors nous leur enlevons ce fardeau. »
Les cibles en matière de véhicules à zéro émission avaient été mises en place par l’ancien premier ministre canadien Justin Trudeau.
« C’est un pas dans la bonne direction, puisqu’il offre une certaine certitude aux consommateurs et à l’industrie automobile pour la prochaine année. Et à court terme, il aidera à éviter une crise de la disponibilité et de l’abordabilité pour les consommateurs », a déclaré la Corporation des associations de détaillants d’automobiles dans un communiqué de presse publié à la suite de cette annonce. « Les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique devraient immédiatement emboîter le pas à Ottawa et abattre ces obstacles commerciaux internes.
Pendant la période d’examen, la CADA discutera activement avec le gouvernement fédéral pour veiller à ce que tout nouveau plan tienne compte de la demande variable des consommateurs à travers le pays et considère ce qui est raisonnable et possible avec l’infrastructure de recharge et d’alimentation électrique actuelle. »
L’Association des constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada a fait écho aux commentaires de la CADA, se réjouissant que le gouvernement fédéral reconnaisse que l’adoption des véhicules électriques par les consommateurs « n’est pas celle que le gouvernement ou l’industrie avaient prévue il y a quelques années », selon David Adams, président de l’association.
« Nos membres sont pleinement engagés dans la transition de leurs portefeuilles de produits vers les transports électrifiés. C’est l’avenir de notre secteur, mais cette transition ne peut se faire qu’à la vitesse à laquelle les consommateurs sont prêts à évoluer, et il est clair que le coût initial plus élevé et le manque d’infrastructures de recharge rapides et fiables disponibles à grande échelle ont freiné l’adoption de ces véhicules. »
Il a indiqué que si des cibles sont établies à l’avenir, elles devront refléter les réalités actuelles du marché et non les caprices de la politique gouvernementale.
« En attendant plus de détails sur cette annonce, nous demandons également aux gouvernements du Québec et de la Colombie-Britannique de suspendre leurs programmes — qui contiennent des cibles encore plus ambitieuses sur des horizons plus courts — et de collaborer avec le gouvernement fédéral pour s’assurer que, si le Canada doit adopter un mandat VZE, nous n’ayons qu’un seul mandat national, ce qui correspond à l’opinion largement répandue au Canada selon laquelle nous avons trop de réglementations redondantes qui nuisent à notre économie. »
Brian Kingston, président et chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, a déclaré que l’annonce fédérale constituait une première étape importante vers la réduction des coûts pour l’industrie automobile.
« Le mandat des VE impose des coûts insoutenables aux constructeurs automobiles, mettant en péril les emplois et les investissements canadiens dans ce secteur critique de l’économie », a déclaré M. Kingston. « Une abrogation complète de la réglementation est le moyen le plus efficace d’apporter un soulagement immédiat à l’industrie et de maintenir sa compétitivité. Nous avons hâte de travailler avec le gouvernement fédéral alors qu’il entreprend un examen du règlement. »
La New Car Dealers Association of B.C. (NCDA) a également salué cette nouvelle, la qualifiant de mesure « responsable et réaliste » compte tenu des conditions actuelles du marché. Elle a ajouté que la NCDA exhortait désormais le gouvernement de la Colombie-Britannique à adopter la même approche.
« Depuis plusieurs mois, nous soulignons que nos deux niveaux de gouvernement fixent des quotas de vente ambitieux qui ne correspondent tout simplement pas à la demande actuelle des consommateurs », a déclaré Blair Qualey, président de la NCDA. « Ottawa a pris la bonne décision en faisant marche arrière. Il est maintenant temps que la Colombie-Britannique fasse de même. »
Ian P. Sam Yue Chi, président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), a déclaré que son association se réjouissait de l’annonce de M. Carney, en particulier en ce qui concerne l’exemption accordée pour l’année modèle 2026.
« Il était grand temps que le gouvernement du Canada suive l’exemple du gouvernement du Québec, qui a déjà pris plusieurs mesures concrètes à la suite des représentations de la CCAQ », a déclaré M. Sam Yue Chi. Il a souligné l’annonce d’un crédit complet pour les véhicules hybrides rechargeables, d’un demi-crédit pour les hybrides non rechargeables, des consultations publiques cet été et l’engagement de présenter dès cet automne un projet de règlement visant à ajuster les objectifs du mandat.
« Nous espérons néanmoins que le Québec accordera également, à court terme, la même exemption pour l’année modèle 2026, afin d’offrir à l’industrie la prévisibilité dont elle a besoin », a déclaré M. Sam Yue Chi.
Daniel Ross, de Canadian Black Book, a déclaré à Affaires automobiles que si les ventes de véhicules électriques représentaient environ 18 % de tous les véhicules neufs vendus au dernier trimestre 2024, il s’agissait en réalité d’un chiffre trompeur, car les consommateurs se sont précipités pour acheter des voitures au Québec après avoir appris que les remises fédérales et provinciales allaient être réduites.
En janvier, le gouvernement fédéral a suspendu ses remises de 5 000 dollars pour les véhicules zéro émission (VZE) lorsque le programme s’est retrouvé à court de fonds. Au Québec, les consommateurs se sont précipités pour acheter des véhicules électriques lorsque le gouvernement a annoncé en décembre qu’il suspendrait son programme de remises en février 2025, lorsque les fonds seraient entièrement épuisés. Le programme a été relancé par la province en avril dans le cadre de son nouveau budget. La fin du programme est prévue pour 2027.
Il a prédit que les VZE représenteraient 15 % de toutes les ventes de voitures neuves d’ici la fin de 2025. Il a ajouté qu’à la fin de l’année 2026, ce pourcentage serait passé à 17 %.
« Cela va probablement changer, car la pression n’est pas si forte », a déclaré M. Ross. « Je ne pense pas que les constructeurs encourageront les véhicules électriques et rechargeables aussi facilement qu’ils l’ont fait jusqu’à présent. Tous ces efforts visaient à atteindre les 20 %. Ils lancent actuellement des produits qui vont soutenir cet objectif, mais sans les 20 % et le risque que cette pénalité nuise à leurs finances, ce n’est plus un enjeu aussi important. »

L'article Le secteur automobile soulagé par la suspension des obligations relatives aux véhicules zéro émission (VZE) par le gouvernement fédéral a été publié initialement sur Affaires automobiles.
« }]]













